# Matière superionique torsadée tapie dans Uranus et Neptune ? ## Summary De nouvelles simulations quantiques révèlent un état superionique quasi-unidimensionnel de l’hydrure de carbone (CH) au cœur d’Uranus et de Neptune, où le carbone forme un cadre stable et l’hydrogène se déplace le long de trajectoires spiralées sous des pressions de 500-3 000 GPa et des températures de 4 000-6 000 K. Cette phase exotique, contrairement aux matériaux superioniques typiques, pourrait expliquer les champs magnétiques inhabituels des planètes en influençant les flux de chaleur et d’électricité. Les chercheurs Cong Liu et Ronald Cohen soulignent son caractère unique dans les « hot ices » planétaires composés d’eau, de méthane et d’ammoniac, dans un contexte d’intérêt croissant lié à plus de 6 000 découvertes d’exoplanètes. ## Content Hydrure de carbone superionique spiralé : Un étrange nouvel état de la matière à l'intérieur d'Uranus et de Neptune Hydrure de carbone superionique spiralé : Un étrange nouvel état de la matière à l'intérieur d'Uranus et de Neptune Visualisation d'Uranus et de Neptune, les géantes de glace abritant potentiellement des phases superioniques. (Crédit : Zelch Csaba via Pexels) Quelque chose d'inhabituel pourrait se produire avec la matière profondément à l'intérieur de Uranus et de Neptune. De nouvelles simulations suggèrent que le carbon hydride (CH) pourrait former un étrange état superionique dans des conditions extrêmes. L'intérêt pour les intérieurs planétaires a grandi alors que plus de 6 000 exoplanètes ont été découvertes. Les chercheurs tentent de comprendre comment les planètes se forment et évoluent en combinant observations, expériences et simulations, en particulier en ce qui concerne la génération de champs magnétiques, comme on le voit dans des études comme celles du JWST. Uranus et Neptune contiennent des couches de « glaces chaudes » sous leurs atmosphères externes, composées d'eau, de méthane et d'ammoniac. Sous une pression et une chaleur extrêmes, ces composés se comportent de manières inhabituelles. Simulation de conditions extrêmes à l'intérieur des géantes de glace Configuration de superordinateur pour modéliser les intérieurs planétaires extrêmes. (Crédit : Maël BALLAND via Pexels) Cong Liu et Ronald Cohen ont réalisé des simulations quantiques détaillées en utilisant l'informatique haute performance et l'apprentissage automatique. Leur étude, publiée dans Nature Communications, a testé des pressions entre 500 et 3 000 gigapascals et des températures de 4 000 à 6 000 Kelvin. Ils se sont concentrés sur le carbon hydride (CH), un mélange simple de carbone et d'hydrogène couramment présent dans les intérieurs planétaires. Dans ces conditions, le matériau a présenté des comportements non observés sur Terre. Concept d'une structure superionique carbone–hydrogène spiralée à l'intérieur de Neptune dans des conditions extrêmes. Crédit : Cong Liu Un état superionique spiralé Les simulations ont révélé un état superionique quasi-unidimensionnel. Dans cette phase, les atomes de carbone forment un cadre stable, tandis que les atomes d'hydrogène se déplacent à travers lui le long de chemins spiralés et hélicoïdaux. « Cette phase carbone-hydrogène nouvellement prédite est particulièrement frappante car le mouvement atomique n'est pas entièrement tridimensionnel. Au lieu de cela, l'hydrogène se déplace préférentiellement le long de voies hélicoïdales bien définies intégrées dans une structure de carbone ordonnée. » Ronald Cohen Les états superioniques se comportent en partie comme des solides et en partie comme des liquides. Ici, le mouvement de l'hydrogène est directionnel et contrôlé. Structure simulée de l'hydrure de carbone dans des conditions extrêmes. Crédit : Nature Représentation de la diffusion hélicoïdale de l'hydrogène dans l'hydrure de carbone superionique. (Crédit : Dmitry Voronov via Pexels) Implications pour les champs magnétiques planétaires Ce mouvement pourrait influencer la manière dont la chaleur et l'électricité sont transportées, ce qui est lié à la génération de champs magnétiques, tout comme les observations de télescopes spatiaux avancés sur des phénomènes cosmiques comme celles-ci. Uranus et Neptune ont des champs magnétiques de forme inhabituelle. Une couche avec ce comportement directionnel pourrait aider à les expliquer. De tels aperçus s'alignent avec des missions en cours comme l'ESA Space Rider. « Le carbone et l'hydrogène font partie des éléments les plus abondants dans les matériaux planétaires, pourtant leur comportement combiné dans les conditions des géantes gazeuses reste loin d'être pleinement compris. » Cong Liu Ces résultats démontrent que même les éléments simples peuvent se comporter de manière inattendue dans des conditions extrêmes. Références : Cong Liu ORCID Ronald Cohen ORCID Étude Nature Communications Aperçu NASA d'Uranus Aperçu NASA de Neptune Sources :Source originale --- Source: Kodawire (FR)